Vœux convivialistes pour 2021

Qu’est-ce que les convivialistes peuvent souhaiter et se souhaiter pour 2021 ? La même chose que le plus grand nombre d’humains sur cette terre :

  • Que, très vite, le covid ne soit plus qu’un mauvais souvenir, bien sûr, et que d’autres pandémies comparables ne surviennent plus.
  • Que les peuples de la terre puissent enfin se débarrasser des multiples dictateurs, corrompus, sanguinaires, ou/et bouffons, qui les tiennent sous leur joug.
  • Que nul ne soit condamné à la misère, à l’oppression, au risque d’être assassiné, et contraint à l’exil.
  • Que la lutte contre le réchauffement climatique commence pour de bon.
  • Etc.

Oui, mais comment avancer dans cette direction ? Personne ne le sait vraiment. Le pari des convivialistes est que rien ne se fera de décisif aussi longtemps que n’existera pas un grand récit porteur d’espérance partageable à l’échelle mondiale. Ce sont les linéaments de ce grand récit qu’esquissent les deux Manifestes convivialistes. Ils allument ainsi une lueur d’espoir. Petite, toute petite, mais une lueur quand même. Ce n’est pas rien. Où en est-elle ?

Moins d’un an après sa parution en français (en février 2020 chez Actes Sud) le Second manifeste convivialiste a déjà été traduit en allemand, anglais, brésilien, et italien. Les traductions en catalan, espagnol et portugais sont imminentes. Des traductions en arabe ou en japonais ont envisagées (elles seraient plus que bienvenue).

En lien, déjà, avec deux ou trois dizaines de réseaux mondiaux de bonne volonté citoyenne (qui représentent des millions et des millions de personnes) les convivialistes sont à l’origine d’un projet de Parlement citoyen mondial qui a vocation à incarner la conscience morale de l’humanité et d’aider à sa prise de conscience (Cf. annexe).

Souhaitons-nous donc qu’en 2021 un embryon de ce parlement citoyen mondial puisse voir le jour. Pour cela il sera précieux que chacun d’entre nous, dans ses rapports avec ses proches, ses collègues, ses amis, dans ses écrits ou ses conférences se dise convivialiste. Sous ce signe nous vaincrons. Peut-être…

Bonne année 2021 !

Alain Caillé


Projet de Parlement citoyen mondial moral

L’humanité est confrontée à un nombre croissant de problèmes – sanitaires, environnementaux, économiques, sociaux, moraux, etc. – qu’elle a de plus en plus de mal à analyser et à résoudre. Les raisons de cette impuissance sont multiples, mais il est possible d’en isoler deux principales :

La première est la rivalité, toujours plus forte aujourd’hui, entre Etats, cultures, religions, etc.

La seconde, étroitement liée à la première, est qu’il n’existe aucune instance morale suffisamment légitime pour émettre un diagnostic partageable et proposer des solutions plausibles à l’échelle de la planète. L’ONU représente des Etats et ne peut, au mieux, qu’organiser des arbitrages entre leurs intérêts. Et cela est vrai également de tous les organismes internationaux qui en dépendent tels que l’UNESCO ou l’OMS, etc., comme de toutes les grandes rencontres internationales entres chefs d’Etat (G7, G 20, etc.). Le GIEC en est indépendant, et influent, mais il n’est pas en mesure de proposer les mutations économiques, sociales et politiques qu’impliquent ses diagnostics sur le climat. Le Forum de Davos réunit les plus puissants et les plus riches de ce monde, mais il ne représente qu’eux et ne vise qu’à garantir leur prééminence.

Il est donc impératif et urgent de faire naître une instance morale suffisamment légitime pour parler au nom et du point de vue de l’humanité dans son ensemble. C’est dans cet esprit que le regroupement de réseaux de réseaux internationaux, Multiconvergence, a décidé à l’initiative de l’Internationale convivialiste de lancer un processus de création d’un Parlement citoyen mondialMulticonvergence, présent sur tous les continents, réunit déjà une quinzaine de réseaux de réseaux internationaux (qui mobilisent des millions et des millions de personnes). Et bien plus qui pourront les rejoindre très prochainement.  C’est peu de choses par rapport aux près de 8 milliards de Terriens, mais c’est déjà significatif et suffisant pour commencer. Car il faut bien commencer. Il y a urgence.

Comment constituer un tel Parlement ?

Les principes suivants (bien évidemment amendables) ont été retenus :

– Il faut qu’y participent : 1. Des personnalités intellectuelles, savants, philosophes, écrivains renommés, etc. 2. Des personnalités religieuses ou assimilées 3. Des citoyens du monde du plus grand nombre de pays possible, membres des réseaux civiques appartenant à Multiconvergence ou à des réseaux qui se joindront au projet, désignés ou choisis par à un tirage au sort organisé par eux.

– Ce parlement sera bicaméral. Il sera composé : 1°) d’un Conseil du bien commun de l’humanité, comprenant 5/12 de personnalités intellectuelles ; 2/12 de personnalités religieuses ; 5/12 de citoyens du monde.  Il comprendra au maximum 120 membres. 2° d’une Assemblée des citoyens du monde, de 480 personnes au maximum comprenant outre les membres du conseil jusqu’à 360 personnes proposées par les réseaux constitutifs de Multiconvergence et des autres réseaux de réseaux désireux de se joindre à ce projet. 

– Pour le Conseil du bien commun de l’humanité, chacun des réseaux constitutifs fait des propositions, certains plutôt pour les citoyens du monde, d’autres pour les personnalités religieuses ou intellectuelles. Chaque réseau respectera le plus possible la parité Hommes/Femmes et l’équilibre des pays et continents.

– Pour l’Assemblée des citoyens du monde il faudra dans un premier temps désigner 240 personnes (soit 120 en plus des membres du Conseil des sages), pas plus, là encore, pour laisser de la place aux futurs entrants.  Chacun des réseaux actuels (20) aura le droit de désigner 6 personnes (dont 3 si possible par tirage au sort) en veillant à respecter non seulement le plus possible la parité Hommes/Femmes et l’équilibre des pays et continents mais aussi l’équilibre entre professions ou conditions sociales (paysans, ouvriers et salariés, chômeurs ou sans-abri, fonctionnaires, artistes, entrepreneurs, etc.).

– Les réunions se tiendront par vidéoconférence.

– Les langues de travail actuelles sont l’anglais, l’espagnol, le français et le portugais (Brésil). Il y aura des traducteurs en chacune de ces langues.

Objet, forces et faiblesses du parlement citoyen mondial

Sur quoi un tel parlement travaillerait-il ? Quel type de décisions prendrait-il ?

Il travaillera sur tout sujet choisi par lui. L’assemblée comme le Conseil des sages s’auto-saisissent séparément. Dans chacun de ces instances les décisions sont prises à la majorité simple. Mais pour être définitivement avalisées, elles doivent être avalisées par l’autre instance.

Les décisions sont rendues sous la forme d’une proposition la plus courte mais aussi la plus concrète possible.

Elles ne peuvent avoir, évidemment aucune force exécutoire. La faiblesse de Multiconvergence vient de ce qu’il ne dispose d’aucun moyen financier, médiatique (et encore moins policier, militaire ou mafieux). Mais c’est également sa force. Nul ne peut le soupçonner ou l’accuser de travailler pour le compte de telle ou telle puissance. Il n’est animé que par le souci du bien commun de l’humanité. Son seul but est de contribuer au basculement de l’opinion publique mondiale en lui faisant prendre conscience que nous ne sommes pas condamnés à l’impuissance. Pour cela tous les réseaux de Multiconvergence s’engagent à faire connaître l’existence et les décisions du Parlement citoyen mondial moral non seulement à leurs propres membres mais à l’opinion publique de tous les pays dans lesquels ils sont implantés. 

Les réseaux déjà présents dans Multiconvergence :

  • Agora des Habitants de la Terre (AHT)
  • Articulation pour une économie de François et Claire (ABEFC)
  • Charte de la Terre (CT)
  • Dialogues en Humanité (DeH)
  • Forum social mondial sur les économies en transformation (FSMET)
  • Initiative des religions unies (URI)
  • Internationale Convivialiste (IC)
  • Réseau mondial d’écovillages/Global Ecovillage Network (GEN)
  • Via Campesina
  • Espace viral ouvert (VOS)

Quelques détails :

Le réseau Dialogues en humanité (dialoguesenhumanite.org), né en 2002 à Lyon (France), est enraciné dans 14 pays et envisage la construction d’une citoyenneté planétaire.

Le Mouvement Humaniste est né à Mendoza, Argentine, en 1969, sur la base des propositions de Silo (Mario Luis Rodríguez Cobos) qui a réuni les gens autour de trois piliers : l’être humain comme valeur centrale, la non-violence et la non-discrimination. Le mouvement s’est propagé dans toute l’Amérique du Sud et avec l’exil de personnes persécutées par les dictatures locales, il touche aujourd’hui 51 pays.

L’association convivialiste internationale regroupe descentaines d’universitaires d’intellectuels et d’écrivains renommés. L’International convivialiste a publié en février 2020 Second manifeste convivialiste. Vers un monde post-néolibéral, (Actes Sud), signé par près de 300 personnes de 33 pays différents. Ce second manifeste est déjà traduit en allemand, en anglais, en italien et en portugais (Brésil). Il le sera bientôt en catalan, espagnol et portugais (Portugal).

Le World Ecovillage Network (ecovillage.org) est un réseau croissant de communautés et d’initiatives régénératrices, fondé en 1995, et doté d’un statut consultatif auprès de l’ECOSOC des Nations unies et du PNUE. Composé de cinq réseaux continentaux et touchant 6090 communautés dans 114 pays, GEN construit des ponts entre les décideurs politiques, les gouvernements, les ONG, les universitaires, les entrepreneurs, les activistes, les réseaux communautaires et les individus soucieux de l’environnement à travers le monde afin de développer des stratégies pour une transition globale vers des communautés et des cultures résilientes.

L’Agora des habitants de la Terre a été créée à Vérone, en Italie, en 2018, pour contribuer au processus de construction de l’humanité au-delà des frontières des États. La Lettre Sezano lance ses fondements et ses objectifs, suivis récemment par un Manifeste, « De la prédication à la sauvegarde de la vie », et par une Déclaration défendant des vaccins et des médicaments contre le Covid-19 qui soient publics, gratuits et accessibles à tous,.

Le Viral Open Space créé virtuellement en 2020, déjà dans le cadre de COVID19, de Montréal, Québec. Il s’inspire de l’expérience des Forums sociaux mondiaux et d’autres espaces de mobilisation transnationale et, dans un mode de processus virtuel, tente d’offrir des réponses citoyennes positives à la crise mondiale à travers des événements, des concerts, des cours, etc.

Le Mouvement pour une économie de François et Claire est né de l’initiative du Pape François d’inviter l’humanité à une transformation profonde de la relation entre les êtres humains et entre eux et la vie et la nature tout entière. Dans l’encyclique Laudato Sì Francisco lance l’expression « écologie intégrale » et souligne qu’il n’y aura pas d’avenir pour la vie sur la planète sans une transformation radicale des relations humaines dans le domaine économique et environnemental.

La Via Campesina (La Voie paysanne » en espagnol) est un mouvement international qui coordonne des organisations de petits et moyens paysans, de travailleurs agricoles, de fermes rurales, de communautés indigènes d’Asie, des Amériques, d’Europe et d’Afrique. Ce réseau a vu le jour en 1993. En 2017, La Via Campesina comptait 182 organisations dans 81 pays et représentait plus de 200 millions de paysannes et paysans à travers le monde. Le mouvement est organisé en 9 régions.

One Reply to “Vœux convivialistes pour 2021”

  1. Bonjour et bonne année à tous.
    Mon souhait est que le convivialisme progresse en mettant en oeuvre le savoir faire acquis en intelligence collective, parce que je crois qu’aucune transformation vraiment nouvelle ne pourra se faire sans ce développement. L’alphabétisation massive à sous-tendu les précédentes révolutions, comme le montre si bien Emmanuel Todd dans plusieurs de ses ouvrages (Le rendez-vous des civilisations par exemple). De la même façon, ce ne sont pas les grands discours et les grands hommes qui feront la prochaine révolution, mais le développement massif du savoir faire et d’une culture de l’intelligence collective.

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