Team providentielle contre élection pestilentielle

Le spectacle a de quoi effrayer si j’en crois l’ordre de grandeur des sondages. La moitié des Françaises et Français semblent être adeptes de logiques binaires, manichéenne, celles des confrontations et des rapports de forces « genre 1933 » savamment entretenues par celle et celui qui se voient au second tour.

Et pendant ce temps nous n’avons jamais eu autant d’hommes (et même de femmes) qui se croient providentiels. Est-ce bien sérieux en ces temps de menaces et de mutations « tous azimuts » ? Face à l’état des lieux que nous déplorons tous, en se croyant chacun « providentiel », ces candidat(e)s sont-ils vraiment à la hauteur ?

Ma réponse est NON.

D’où l’intérêt d’une équipe, d’une équipe ouverte, plurielle, dont chacun des membres, candidats déclarés ou supposés, serait prêt à s’effacer personnellement, une équipe qui choisirait son représentant, son candidat, une équipe qui préfigurerait le prochain gouvernement dans lequel nous nous reconnaitrions pour l’essentiel, une équipe libérée de la pression émotionnelle…

Une équipe qui délivre d’abord quelques messages essentiels.

Dire au plus grand nombre de Français que dans leur désarroi, en venir à vouloir « renverser la table » est une envie bien naturelle, bien humaine.

Mais aussi leur dire que les solutions radicales, simplistes, les « yakafokon » si ça fait du bien à l’esprit c’est surtout décevant, illusoire.

Et c’est pour cette raison que ces candidats de la première heure feraient un saut transformateur en mettant leur égo de côté, en faisant des concessions, pour témoigner de l’impératif d’union quasi nationale. Enfin pédagogique !

Et au fond, face au mal-être physique et psychique, face aux passoires thermiques, hiver comme été, face aux fins de mois si difficiles pour beaucoup, face aux délinquances et violences, face aux trafics, face aux caisses vides, face aux flux migratoires, face à l’éco anxiété, face à une vie démocratique en déliquescence, mais aussi face aux menaces extérieures, face aux menaces numériques (IA, fake news, réseaux malveillants, piratages…), face au dérèglements du climat et de la biodiversité… qui nous concernent toutes et tous, comment croire à l’ « homme providentiel » seul contre tous, là où il devient urgent d’accepter des solutions imparfaites, des solutions de compromis, des solutions qui marchent (même tant bien que mal), des solutions où le plus grand nombre peut se reconnaitre… ce qui implique l’effort de toutes et tous selon leurs moyens, n’en déplaise à ceux qui veulent « raser gratis » ou faire payer les autres ?

Ne serait-ce pas déjà beaucoup mieux que l’illusion de solutions idéalisées et irréalistes, voire idéologisantes et clivantes donc vouées à l’échec ?

On peut reprocher à Macron ses échecs, mais c’est notre faute à tous. A nous, citoyens, de notre incapacité à penser « global », « complexité », donc morcelés jusqu’à la paralysie. A nos élus et élites, du moins ceux prétendument raisonnables, incapables de se concerter pour trouver des compromis, imparfaits par définition… puis d’en faire ensemble la pédagogie.

 Il est temps de remplacer l’espoir illusoire des promesses électorales de ces grand-messes quinquennales par l’espoir pragmatique et sans doute plus réaliste que l’on peut attendre d’une équipe de belles personnalités complémentaires qui ont su mettre leur ego de côté et ainsi donner l’exemple que, pour la plupart, nous attendons.

Le temps n’est-il pas venu, en cette rentrée, de « supplier » les uns et les autres d’entendre notre invite ?

Du rêve ? OUI. Il en faut.  De la grandeur d’âme aussi.

Et si la plupart de les forces associatives et démocratiques de tous bords, forces incroyables mais « sommeillantes », ce maillage aussi dense qu’éparpillé, se rassemblaient, enfin ou pour une fois, mettant de côté les querelles de clocher, les vains dogmatismes et les luttes de pouvoir… ?

Rêvons ensemble, mais pas que. Agitons vite justement nos multiples contacts disséminés.

Face à l’éco anxiété, face au désarroi, face au non-espoir, face au risque de « pestilence »… la « mayonnaise » de la « providence » pourrait bien finir par prendre. Les récentes initiatives de Thierry Salomon, Pierre Calame, Jean-Marc Jancovici, Philippe Grangeon, Clément Beaune… vont bien dans ce sens.

Alors, à nous de jouer ?

Jean-Louis Virat

5 Replies to “Team providentielle contre élection pestilentielle”

  1. Merci Jean Louis pour ces belles contributions convivialistes. Tu touches juste, mais la logique des partis risque de l’emporter dans un contexte institutionnel et culturel ou le pouvoir de décision central appartient à ceux qui gagne les élections. Il faut voter néanmoins pour ne pas risque le pire. Je ne crois pas à la conversion des dirigeants des partis car ils sont blindés d’ambition, de certitudes et d’égo. Je crois davantage à une prise de conscience et une évolution des mentalités par le bas. Et un changement proche du quotidien par les initiatives individuelles, associatives et municipales. Tes réflexions, diffusées et commentées, y contribuent je pense
    .
    Je suis obsédé depuis des mois par le fait que la population est désormais sortie du déni écologique mais que pour autant rien ne bouge à la hauteur des enjeux. Identifier clairement les raisons serait un bon début. Le consumérisme ambiant, l’attractivité des illusions video et numériques, l’hédonisme généralisé, la financiarisation de l’économie sont des éléments. Mais après les feux de l’été et autres calamités récentes, pourquoi ne passe t’on pas davantage à l’action ?

    Des lectures récentes me permettent d’avancer sur ce mystère.

    En premier lieu, « Le Bug humain » de Sébastien Bohler : cf l’incidence de notre ascendance biologique depuis les débuts de l’ADN qui nous amène à privilégier le court terme et l’immédiateté. Le savoir et en tenir compte en conscience est une bonne piste.

    La lecture du roman « Le ministère du futur » de Kim Stanley Robinson m’a également éclairé. Ce ministère, abrité par l’ONU, tente de piloter le changement à l’échelle planétaire au cours des trente prochaines années. Initier, provoquer, soutenir, coordonner les efforts et enrayer l’effondrement. Plein de bonnes idées, des mises en oeuvre originales, qqs prouesses peu crédibles, des obstacles dramatiques, mais une percée indubitable vers un monde plus vivable et durable.
    Enfin le rapport du GIECO. Le Groupe International d’Experts sur les Changements de COmportement s’intéresse précisément aux facteurs humains (normes sociales, émotions, etc.) qui constituent des freins et des leviers, tout en balayant des idées reçues. https://drive.google.com/file/d/1WS82fpYx5RpBhispvux5zZMNHmkRon1v/view?_sc=NTQ0MTUwNiMzNzc0. Une lecture capitale…

    Vincent

  2. Cet article de Jean-Louis Virat, s’est télescopé pour moi avec la relecture d’une fiction S.F. de reconstruction postapocalyptique de la société (américaine) par David Brin: « Le facteur » (1985).
    Aujourd’hui, que penser de cet extrait: « Que la prochaine récolte du fermier fut déjà grevée de dettes constituait, par exemple, un premier pas vers une situation de servage consenti. (…) Oui, c’étaient bien là les bases du système féodal. »
    En effet, au moyen âge, notre société était structurée de manière bien binaire: le serf / le seigneur…
    Je me permet de faire le parallèle avec aujourd’hui. Que penser d’un système économique international encourageant le crédit ou l’endettement tout en dégradant la note des nations en état de faiblesse? N’est-ce pas de l’asservissement pur et simple? L’esclavage en découlant des populations concernées, n’est-il pas interdit par le droit international? Ne pourrait-on pas porter plainte? Devant le tribunal international? Et qui pourrait porter la plainte, sinon le convivialisme?
    A noter aussi que ce roman de David Brin suggère une participation féminine, extrait: « Femmes, c’est à vous de faire le partage… (…) Plus jamais le vieux combat entre les bons et les méchants ne serait laissé à la seule charge des hommes. Femmes, c’est à vous d’endosser votre part de responsabilités… et d’apporter vos propres talents dans la lutte… » (écrit en 1985!!!).
    Comment aurions-nous pu penser à cette époque que le capitalisme n’était qu’une vaste entreprise de démolition planétaire?
    Alors, à nous de jouer? (pour reprendre les mots de Jean-Louis).

  3. Merci Jean-Louis VIRAT pour ce billet fort intéressant qui laisse pensif, encore une fois.
    Cependant,
    A qui faire confiance ?
    Pourquoi ? Pour quoi ?
    Les débats politiques ont commencé. Costume cravate. Bien propre sur eux. Illusions… ô désespoir.
    Quelles sont les solutions ? oui, je parle bien au Présent, car employer le Conditionnel ou le Futur font que « c’est déjà trop tard ».
    Il faut agir ici et maintenant pour Hier j’ose dire…
    L’urgence est là. Oppressante.
    Eco-anxiété : oui.
    Le réchauffement climatique : oui
    Les injustices : oui et de tout type car c’est la « chaîne » humaine, un ascenseur ensorceleur…
    Les FINS de mois difficiles n’existent plus car nous sommes quasiment TOUS dans le rouge dès le 5 de chaque mois. Le salaire n’a même plus le temps d’arriver qu’il s’est envolé en fumée.
    La course numérique,
    La course au superficiel
    La course à l’information même erronée donc la désinformation,
    Un cerveau qui ne réfléchit plus,
    La déchéance humaine et collective : Vive l’Intelligence Artificielle. S’en remettre à l’IA pour ne plus avoir à penser…
    Alors démunis de réflexion, de raisonnement, de partage et de réel : qui l’emporte d’après vous ?…
    Grand débat.
    Oui, cela fait peur pour ne pas dire effrayant, bien que…

  4. Bonjour
    2 initiatives qui vont dans ce sens:
    – Victoires populaires: Mouvement de mobilisation citoyenne pour la justice sociale, l’écologie et le renouveau démocratique, actions d’union pour la présidentielle: https://www.victoirespopulaires.fr
    – Action de groupe BNB 2027: du BNB à la présidentielle!
    Le BNB, Bonheur National Brut est un vrai changement de paradigme.
    Actions proposées: mobiliser les citoyen-nes, échanger avec des candidats à propos du BNB, expérimenter un vote à jugement majoritaire qui pourrait nous permettre d’identifier, de désigner et de soutenir le-la meilleur-e candidat-e
    Eventuellement: évaluer avec le BNB les programmes des candidats, co-construire un programme « BNB inside »
    https://centrebnbfrance.assoconnect.com/page/3985901-presidentielle-2027

  5. C’est un mauvais remake de Macron.
    Je le dénonçais comme le joueur de flûte de Hamelin en 1976.
    Il se vantait de contrer Le Pen. Il n’a pas cessé de mettre le pied à l’étrier.
    Il n’y a qu’une chance petite il est vrai, d’éviter les neonazis avec le seul programme économique cohérent et le seul moyen que la France devienne enfin une démocratie c’est de mettre LFI au pouvoir et donc voter Melenchon dès le premier tour.
    Je suis Convivialiste tendance Bookshin. Comme lui je récuse le pouvoir d’élites, surtout quand elles sont autoproclamées. Les despotes éclairés ne le restent pas longtemps.
    Tout le reste revient à mettre les neonazis au pouvoir en 2027 au plus tard 2032 si un Macron bis continuait sa politique « pour lui faire barrage ».
    Il faut définir une politique qui lui coupe l’herbe sous les pieds définitivement.
    Dans ces phrases je ne vois que des faukonyaka.

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