Pour montrer comment passer de « fractures émotionnelles à la fraternité politique », Patrick Viveret nous offre ici un ensemble de schémas pour décrypter par quels processus situés et datés des acteurs, des groupes d’acteurs, plus ou moins nombreux, y sont parvenus. Notre philosophe convivialiste montre, dit-il, « comment une blessure identitaire devient intolérance, puis violence – et comment on transforme l’ennemi en adversaire, l’adversaire en partenaire, sans jamais tenir la rechute pour impossible ».
Alain Caillé y voit la confirmation que « nombre des désaccords, parfois violents, qui nous opposent non seulement à nos ennemis ou à nos adversaires, mais aussi éventuellement à nos proches, sont plus des désaccords émotionnels que rationnels. Comment les surmonter et les rendre féconds ? Comment, autrement dit, apprendre à nous opposer sans nous massacrer ? » – on reconnait là le cœur de l’argument du convivialisme.
A n’en pas douter, le narratif de Patrick Viveret, dont il avait discuté le contenu avec le regretté Edgar Morin, et exposé en dix-huit diapositives (cliquez sur le lien pour les lire) a une belle force de conviction qui est porteuse d’espoir : ne pourrions-nous finir, entre humanistes déclarés, par dépasser nos innombrables, et supposés irréconciliables, différends ?
